Les musiques pour ressentir et comprendre !

« La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à nos pensées ». Pour débuter le chemin vers l’amour inconditionnel, il est nécessaire d’ouvrir son cœur et de se laisser traverser par l’émotion. La musique un bon outil pour « ressentir », pour vivre une part d’une réalité qui nous est étrangère. Je vous propose sur cette page quelques exemples de musiques qui m’ont permis de changer mon regard sur des sujets complexes. Tous les moyens sont bons pour ouvrir les cœurs et élargir les schémas de pensée !



« Julien » de Damso, sur la pédophilie

Petit extrait :

« Incompris mais comprend qu’on ne pourra le comprendre Julien vit ses vices et sévit sans se faire prendre Julien crise, crie et s’écrie pour s’faire entendre ! »

À propos :

Avec cette musique, le rappeur Damso s’attaque à l’un des sujets les plus « tabou » de notre société : la pédophilie. Son objectif est de nous pousser à nous mettre dans la peau d’une personne attirée par les enfants, pour ressentir et comprendre sa réalité de vie. Un projet risqué mais parfaitement réussi par Damso. Avec une approche bienveillante et non jugeante, il nous propose de nous interroger sur ce sujet si dérangeant qu’est la pédophilie. Que faire si l’on se rend compte que l’on est attiré par des mineurs ? Vers qui se tourner ? Comment en parler ? Avec cette chanson, il démontre que les « monstres » n’existent pas, mais que ces personnes sont malades et ont besoin d’aide et de soutien pour ne pas commettre l’irréparable. Il est temps de changer notre regard sur ces personnes pour avancer vers une société plus humaine et plus juste.

Pourquoi ce sujet me touche tant :

Il me semble important de rappeler que 1/10 a été victime d’inceste en France, ce qui signifie que la pédophilie est encore répandue aujourd’hui dans notre pays. La tentation est grande de catégoriser les personnes coupables de ces crimes comme des « monstres », des « erreurs de la nature » et leur refuser par conséquent une appartenance à la race humaine. Il y a eu dans ma famille dans les générations précédentes de l’inceste et de la pédophilie, et j’ai dans mon parcours été amené à rencontrer des personnes qui ont cette « déviance » sexuelle. Ce ne sont pas des monstres, mais des hommes et des femmes qui sont « malades » et qui ont besoin d’être accompagné pour ne pas passer à l’acte. Tant que nous refusons de parler de ces sujets nous nous rendons tous coupables de leurs passages à l’acte.


« Scanner » de Gringe, sur la schizophrénie

Petit extrait :

« L’verdict est tombé, t’entends des voix, Tu parles seul ton cerveau sature Et tu t’isoles pendant des mois Dans ces hôpitaux qu’la javel embaume Tu déambules dans les couloirs comme un fantôme. »

À propos :

Casser les préjugés, les stéréotypes et les peurs autour de la schizophrénie, telle est la volonté du rappeur Gringe avec cette chanson qui raconte la réalité de vie de son frère atteint par cette pathologie. Il retrace comment la maladie s’est révélée, les difficultés pour communiquer et le sentiment d’impuissance des proches. En laissant parler ses sentiments et son amour pour son frère, Gringe nous propose d’entrer avec lui dans une autre réalité, différente de la nôtre mais pas moins riche pour autant. Cette chanson est une déclaration d’amour, un cri du cœur, un appel à changer notre vision sur cette maladie !

Pourquoi ce sujet me touche tant :

La maladie psychique est un sujet qui me concerne tout particulièrement. J’ai fait deux dépressions importantes, dont une qui m’a obligé à me faire hospitaliser en clinique afin de me faire accompagner. Il y a trop de peurs, de jugements et de méconnaissances sur les maladies psychiques… Nous pouvons tous un jour être atteint par une dépression, une décompensation bipolaire ou une schizophrénie qui se déclenche tardivement. Est il nécessaire de rajouter à la maladie, du rejet, du mépris, du jugement ? J’ai eu la chance de réaliser un stage dans un hôpital psychiatrique qui m’a permis de rencontrer des personnes schizophrènes et des entendeurs de voix. Leur réalité est différente de la mienne, mais elle n’en est pas moins riche et complexe. Il est nécessaire de valoriser ces particularités pour permettre à ces personnes de trouver leur place dans la société.


« Donne-moi une vie » de Yannick Noah, sur l’injustice

Petit extrait :

« Donne-moi une vie, un espoir une envie Donne-moi une vie, un demain à aujourd’hui Quelques chose à perdre aussi Donne-moi mieux qu’un jour de plus, de plus à tenir »

À propos :

Je peux dire aujourd’hui, après des années de travail d’introspection que j’aime la vie et que j’ai foi en elle. Malgré tout, je suis obligé de reconnaître qu’elle est profondément injuste. Quoi de plus injuste que la naissance ? Dans cette chanson, Yannick Noah nous propose de prendre conscience de ce que peut être la vie lorsqu’elle n’est qu’une succession d’injustices et de souffrances. Cette musique est un cri du cœur, celui de millions d’enfants qui vivent dans la misère et le mépris du reste du monde. Ces vies qui ne comptent pas, ces voix que l’on entend pas, ces visages invisibles et ces souffrances silencieuses. Survivre ce n’est pas vivre. Nous devrions tous avoir la chance de goûter à la joie de vivre pleinement notre vie.

Pourquoi ce sujet me touche tant :

Je ne suis pas né dans un pays pauvre ou ravagé par la guerre, mais j’ai connu comme ces enfants la souffrance à l’état brut. J’ai passé des années à survivre rongé par une souffrance indicible et invisible. J’ai voulu mourir plus d’une fois pour fuir cette vie que l’on m’avait injustement imposée. Je voulais moi aussi que l’on me donne « un espoir », « une envie » et quelque chose à perdre aussi ! Souvent on me demande pourquoi je me sens aussi concerné dans la souffrance de personnes que je ne connais pas et qui sont géographiquement loin de moi. Lorsque vous avez goûter à la beauté de la vie après avoir vécu dans un état mortifère durant des années, vous voulez vous servir de votre bonheur à l’avantage des autres. Je me sens proche de l’ensemble de ces personnes car je partage avec elle la souffrance et l’amour.


« Amour censure » de Hoshi, sur l’homosexualité

Petit extrait :

« Au placard mes sentiments Surtout ne rien dire, et faire semblant Etre à part un peu penchant Au bout du navire je coule doucement Il n’y a pas d’amour censure, il n’y a pas que de l’amour censure. »

À propos :

Vous commencez à savoir que je suis particulièrement touché par la question des droits des personnes LGBTQI+, surtout au sein de la religion catholique. Avec cette chanson engagée et touchante, Hoshi nous exprime sa souffrance d’être méprisée à cause de son orientation sexuelle, une homophobie qui, ne l’oublions pas, tue chaque année encore aujourd’hui en France. Elle nous démontre que l’amour est autant présent dans les relations homosexuelles qu’hétérosexuelles. Combien de temps encore refuserons-nous d’ouvrir les yeux sur l’écartèlement intérieur et la souffrance que l’homophobie cause chez ces personnes ? Il n’y a rien à guérir, rien à juger et rien à condamner. En rejetant ces personnes, nous rejetons une part de Dieu donc une part de l’amour inconditionnel. Merci Hoshi pour ce beau témoignage qui je l’espère, pourra ouvrir des cœurs.

Pourquoi ce sujet me touche tant :

Je me considère comme chrétien depuis maintenant deux ans et ma « rencontre » avec Dieu à la Flatière en juillet 2019. Je tiens à rassurer les athées ou agnostiques, quand je parle de rencontre, je parle d’ouverture de cœur. Rencontrer Dieu c’est pour moi avoir fait l’expérience de se sentir aimé inconditionnellement par une force qui nous dépasse. J’ai dit « OUI » à cette force pour lui faire confiance. Mais je dis « NON » au positionnement de l’Eglise sur la question de l’homosexualité qui déclare que ce sont « des actes intrinsèquement désordonnés et contraires à la loi naturelle ». Je ne me reconnais pas dans cette Eglise qui condamne et rejette les personnes qui n’auraient pas la « bonne » orientation sexuelle. Je suis en colère de voir que le nom de Dieu est utilisé pour tenir des propos haineux et en totale contradiction avec le message des évangiles. Je suis convaincu qu’il y a autant d’amour dans un couple homosexuel qu’il peut y en avoir dans un couple hétéro. Il n’y a rien à guérir… mais plutôt à bénir !


« Rentrez chez vous ! » de Bigflo et Oli sur les migrants

Petit extrait :

« Des centaines de fous accompagnent notre départ Des poings brandis en l’air, des cris, des sales regards Je croise celui d’un type qui scande avec ferveur Je ne vois que lui au milieu de la foule Sur sa pancarte il est écrit « Rentrez chez vous ! »

À propos :

Comment détourner le regard de ces âmes qui se noient à nos portes ? Comment peut-on dire « Rentrez chez vous » à des personnes qui ont fui des pays ravagés par la guerre et la famine ? Dans cette chanson, Bigflo et oli nous proposent d’entrer dans la peau d’un migrant français durant une guerre fictive qui ravagerait notre pays. Au travers de leur texte, les deux « frères rappeurs » bouleversent notre manière d’appréhender ce sujet si complexe qu’est la crise migratoire. On ne parle pas ici de chiffre ou de statistique, mais d’humains qui risquent chaque jours leur vie pour tenter de continuer à vivre. Avec « Rentrez chez vous », Bigflo et Oli nous rappellent que personne n’est quantité négligeable !

Pourquoi ce sujet me touche tant :

Je vais être honnête avec vous, je pleure à chaque fois que j’écoute cette musique. Elle me rappelle les histoires des migrants que j’ai côtoyés lors de mon bénévolat aux restos du coeur, ces visages marqués, ces vies déchirées et ces espoirs brisés… Mon coeur saigne quand je vois la montée de l’extrême droite et des propos anti-migrants. Comment détourner le regard de ces âmes qui se noient chaque jours à nos portes ? Comment peut-on dire « Rentrez chez vous ! » à des personnes qui ont fui des pays ravagés par la guerre et la famine ? Je pense que M. Zemmour et ses admirateurs n’ont jamais plongé leur regard dans celui d’un migrant. On n’en ressort pas indemne… Cela a changé ma vie et ma vision du monde. Bigflo et Oli parviennent à nous faire vivre la route migratoire, pour ressentir et comprendre dans la peau d’un migrant ce que cela fait d’être rejeté après avoir tout quitté pour survivre.


« Le café » de Guizmo, sur les addictions

Petit extrait :

« Ils mangent rien, mais tu joues à temps plein Toi tu joues, tu manques à tes gosses mais pour toi ça ne change rien Et toi tu joues Parieurs, alcooliques, accros des jeux et passagers Retenez qu’au café il faut jamais s’attacher ! »

À propos :

Des paroles cashs et percutantes, un sujet trop peu abordé dans les musiques et un rappeur « hors du commun ». Voila en quelques mots ce que m’inspire « Café ». Une musique sur les addictions et le monde triste et tragique des jeux d’argent. J’ai découvert Guizmo il y a quelques mois, et il n’a depuis, jamais quitté ma playlist. Des musiques mélancoliques et tragiques qui retracent se vie de jeune de quartier, enfant d’un père alcoolique et d’une mère qui s’est tuée à la tâche. Il nous propose d’entrer dans sa tête et dans les pensées noires qui le paralysent, entre souvenirs des morts et désarrois des vivants.

Pourquoi ce sujet me touche tant :

J’ai connu durant mon enfance et mon adolescence de nombreuses addictions que je retrace en détail dans mon livre. J’ai été « prisonnier » des jeux d’argent, de la pornographie, de la nourriture à outrance… Je suis « choqué » de voir des publicités régulièrement sur Youtube ou en affichage public pour de l’alcool ou des jeux d’argent. Il y a une incitation à tomber dans ces consommations qui peuvent nuire gravement à la vie d’une personne. Il faut beaucoup de temps pour parvenir à sortir d’une addiction. Il est nécessaire de comprendre la cause profonde qui cherche une satisfaction dans ces consommations excessives. Il est néanmoins important de regarder ses addictions avec bienveillance. En général, elles viennent permettre à la personne de « tenir » malgré des souffrances qui la paralysent. Dans mon cas, je peux dire aujourd’hui que je n’aurais pas pu tenir sans mes addictions à la nourriture (qui me permettaient d’engloutir mes émotions, de de les enfouir au plus profond de moi, de ne pas faire submerger par elles…), aux jeux d’argents (qui me permettaient d’avoir de l’adrénaline, une sensation de me sentir vivant malgré le poids immense de mes souffrances…), aux jeux vidéos (qui me permettaient de m’enfermer dans un monde virtuel pour fuir ce monde réel qui me tyrannisait)…


« Le cordon » de Bigflo et Oli, sur l’avortement

Petit extrait :

« Maman comment c’est dehors ? Mon enfant tu sais que je t’aime L’amour fait que nous nous portons Et je te demande pardon, je n’ai ni raison ni tort Mais je sens encore le cordon ! »

À propos :

Et oui encore eux ! Cette musique qui reprend un échange imaginaire entre une mère et son enfant après un avortement, est un hymne à l’amour et à la bienveillance. Qui sommes nous pour juger ? Il n’y a pas d’avortement sans drame, il n’y a pas de mère sans cœur, mais il y a des réalités de vie qui peuvent amener à prendre cette décision irrémédiable. C’est un choix suffisamment difficile à prendre pour ajouter une culpabilisation venue de l’extérieure. Encore une fois, Bigflo et Oli évoque un sujet complexe sans jugement et avec toute la bienveillance nécessaire pour ne pas blesser.

Pourquoi ce sujet me touche tant :

Depuis que je côtoie le milieu catholique, il n’est pas rare que j’entende des propos « diabolisant » l’avortement et les personnes qui y ont recours. Ce n’est ni bien, ni mal. Sortons de cette binarité infantilisante, de cette vision du monde manichéenne et biblique qui empêche de regarder les situations avec un regard dénué de jugement. J’ai un immense respect pour le travail et l’acharnement de Simone Veil qui a permis la légalisation de l’avortement, évitant ainsi à des milliers de femmes de perdre la vie en tentant de le faire par elles-mêmes. On ne peut pas empêcher une femme de disposer de son propre corps. Si elle a décidé de ne pas avoir d’enfant elle le fera par tous les moyens. Il s’agit simplement de savoir si nous préférons égoïstement fermer les yeux sur leur détresse ou accepter de les accompagner pour qu’elles puissent le faire dans des conditions dignes. Pour reprendre les mots de MM. Veil, « Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement ». Contrairement à ce que tente de nous faire croire les fondamentalistes religieux, la légalisation n’a pas augmenté le nombre de femmes qui se sont tournées vers l’avortement. En revanche, cela a permis d’éviter q’une femme par jour meurt en tentant d’avorter comme c’était le cas en 1970. La pilule et l’avortement c’est le premier coup porté à la domination masculine que l’Eglise a porté pendant de trop nombreuses années. Je suis chrétien, je considère que personne n’est quantité négligeable et que la vie doit être protégée, mais cela ne m’empêche pas d’utiliser ma raison et mon empathie pour me mettre à la place de ces femmes. « Et ce petit qui ne verra jamais le jour tu y penses ? ». Je n’ai pas de jugement à poser sur cet acte. Si les paladins du respect de la vie, qui dépensent leur énergie pour culpabiliser des jeunes filles qui ont recours à l’avortement, mettaient autant de vigueur pour la protection du vivant, pour l’inclusion des personnes marginalisées (Queer, malades psychiatriques, migrants…), pour le respect de l’écologie… on avancerait plus rapidement sur ces sujets !


« Suicide social » de Orelsan, sur le suicide

Petit extrait :

« Aujourd’hui sera le dernier jour de mon existence La dernière fois que je ferme les yeux Mon dernier silence J’ai longtemps cherché la solution à ces nuisances Cela m’apparait maintenant comme une évidence ! »

À propos :

Avec « Suicide social », Orelsan se met dans la peau d’un homme qui exprime et déverse sa colère quelques minutes avant d’appuyer sur la détente de son revolver. Un texte poignant qui nous donne la possibilité d’appréhender le monde au travers du regard d’une personne qui souhaite le quitter. J’espère que ces paroles pourront permettre de faire tomber les tabous autour de cette question des pensées suicidaires et du suicide. Il est temps d’être à l’écoute des personnes qui souffrent en silence dans nos sociétés.

Pourquoi ce sujet me touche tant :

Un sujet qui me touche tout particulièrement… J’ai vécu pendant des années avec des pensées suicidaires tenaces, j’ai traversé deux grosses dépressions qui m’ont fait toucher du doigt la tentation du suicide et la possibilité de fuir la souffrance intérieure, j’ai connu un passage en clinique psychiatrique pour lutter contre ces idées obsédantes qui me paralysaient… Ce que décrit Orelsan, c’est cette sensation de percevoir le monde tout en noir, de rejeter la société dans sa globalité, de tenir le monde entier responsable de notre mal-être… Nous sommes dans une société où ma génération est face à une crise sanitaire, une crise sociale, une crise écologique et des enjeux inédits dans les années à venir. L’angoisse et l’anxiété font partie intégrante du quotidien d’un jeune de 20 ans. Pour rappel, le suicide a causé le décès de 9000 personnes l’année dernière en France, et on dénombre 200 000 tentatives donnant lieu à un contact avec le système de soins par an. La France fait partie des pays européens les plus touchés par ce fléau. Il n’y a qu’une seule solution pour faire baisser ces chiffres : permettre une libération de la parole sur les souffrances et offrir une écoute pour y répondre. L’avenir de notre société et même de l’humanité, dépend de la capacité d’écoute et d’accueil que nous aurons dans les années à venir.